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2016 – JE SUIS DON QUIJOTE DE LA MANCHA

Une troupe se prépare à jouer Don Quichotte… la fille de Sancho Panza, tout en contestant ce dernier et Don Quichotte, découvre le héros, son désir de justice, la valeur des utopies, des rêves… la nécessité de liberté. Et lui… ne révélons pas le spectacle !
Que projette-t-on ? Que projette-t-on de nous sur la figure de don Quichotte pour qu’elle nous soit si familière ? Des photogrammes – des photos de films déjà vus.
Être ce qu’on-a-été, quand on jouait à sauver la veuve et l’orphelin, quand on jouait à faire la révolution ?
Nous avons pensé l’espace théâtral comme une Zone Artistique à Défendre. Sans d’autres prétentions que de ne jamais se rendre. En sachant que la liberté n’est pas un lieu – où alors peut-être une bibliothèque (perdue au milieu de la Mancha ?), comme le pensait Foucault. Mais des pratiques. Pratiquer donc. Humblement mais avec méthode.
Les coups, le coma, la mort même, rien n’arrête don Quichotte, qui ne se soucie de rien, que de son héritage. De ce qu’il a reçu et de ce qu’il laissera. Hamlet / Quichotte – deux figures qui semblent fonctionner en miroir – les deux oeuvres ont été écrites à la même époque. Le même souci que leur histoire soit racontée, imprimée, jouée. « Les trois plus grands imbéciles qu’il y ait eu au monde, ce sont Jésus-Christ, don Quichotte et moi » disait Simon Bolivar. Ses petites révolutions ratées – répétées, permanentes. Don Quichotte serait notre art de la répétition. Essayer, humblement, réessayer, se tromper, essayer autre chose mais essayer.
Une classe morte – qui joue quoi ? Convoquer ces personnages fantômes et nous raconter un peu. Raconter le désir de créer un ensemble – de créer des autonomies.
On a tous quelque chose en nous de don Quichotte. Le texte de José Ramón Fernández nous offre le privilège du beau pari : évoquer une figure exemplaire dans l’énergie déployée pour son « idée », son utopie : Faire de la femme l’avenir de l’être humain, replacer les opprimés sur la carte des espérances malgré le brouillard puant qui semble recouvrir notre époque. Faire le point sur ce qui a été, être et rêver peut-être. Un vent d’anarchisme souffle. Il suffit de sortir dans la plaine et de parcourir les chemins.
Benoît Félix Lombard & Rui Frati

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De : José Ramon Fernández, Miguel de Cervantès
Hommage au 400e anniversaire de Miguel de Cervantes
Mise en scène : Benoît Felix-Lombard
Avec : Rui Frati, Raphaël Fournier, Antonia Hayward, Delphine Dey, Teresa Ferreira
Création lumières et régie : Yannick Poli
Création son et régie : Raphaël Barani
Spectacle programmé dans le festival Travessuras Culturais 2017 (Madère, Portugal)

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